L’affaire Robert Latimer

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L’affaire Robert Latimer

Robert Latimer, 44 ans, un fermier de Wilkie, en Saskatchewan, tue sa fille Tracy en octobre 1993 par empoisonnement à l’oxyde de carbone. Lourdement handicapée par une paralysie cérébrale, Tracy, qui était âgée de 12 ans, ne pouvait pas parler ni marcher, ni manger par elle-même. Le procès de Robert Latimer a suscité un débat sur l’euthanasie au Canada.

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Le 16 novembre 1994 : Le juge Ross Wimmer, de la Cour du Banc de la Reine de la Saskatchewan, condamne Robert Latimer à la sentence minimale, soit la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

 

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Le 25 novembre 1994 : Un juge accorde à Robert Latimer un cautionnement lui permettant de regagner son domicile en attendant l’audition de l’appel de sa condamnation.

Le 4 décembre 1994 : L’Association canadienne des libertés civiles demande au ministre de la Justice du Canada d’abroger la peine de prison imposée à Robert Latimer.

18 juillet 1995 : Trois juges de la Cour d’appel de la Saskatchewan confirment unanimement la condamnation pour meurtre de Robert Latimer. Un des juges écrit toutefois que la peine d’emprisonnement de 10 ans est « cruelle et inhabituelle », ouvrant ainsi la porte à un appel de la sentence devant la Cour suprême du Canada. Le juge dissident, E. D. Bayda, déclare, dans son jugement écrit, que Robert Latimer aurait dû recevoir une peine moins lourde.

Octobre 1995 : Le professeur Léon Schwartzenberg, cancérologue français connu pour ses réflexions sur la mort et l’euthanasie, donne à Québec une conférence sur le thème Penser la fin de la vie. Il prend position dans l’affaire Robert Latimer : « Il [Latimer] a décidé de l’endormir, ce qui me paraît un geste de compassion et d’amour. À mon avis, ceux qui ont décidé de le condamner auraient dû se demander s’ils auraient agi aussi bien que M. Latimer pendant les 13 dernières années où il s’est occupé de son enfant. Il faut aussi se rendre compte que le jugement risque de précipiter une loi sur l’euthanasie pour empêcher de telles condamnations, ce qui serait déplorable… »

 

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30 octobre 1995 : Les avocats de Robert Latimer déposent une requête en appel auprès de la Cour suprême du Canada. Ils soutiennent que Latimer n’a pas été informé de son droit de téléphoner pour solliciter des avis juridiques gratuits et que la poursuite a commis de l’ingérence dans la sélection et le travail des jurés. Une pétition signée par 17 000 personnes est déposée à la Chambre des communes en faveur de l’appel de Latimer.

6 février 1997 : La Cour suprême du Canada admet que l’intervention du substitut du procureur général auprès des candidats jurés dans le procès de Robert Latimer est un abus de procédure flagrant et une entrave à l’administration de la justice. Un nouveau procès est ordonné.

 

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4 novembre 1997 : Robert Latimer est déclaré pour une deuxième fois coupable de meurtre non prémédité. À la lecture du verdict, Laura Latimer bondit de son siège en s’écriant : « Non, non, non! », avant de fondre en larmes. Robert Latimer quitte son siège pour aller consoler sa femme. Il est passible d’une peine de 25 ans de réclusion, sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans. Dans ses instructions au jury de sept femmes et cinq hommes, le juge Ted Noble avait dit que la cause se résumait à savoir si Robert Latimer avait tué sa fille : « Si vous êtes certains que l’accusé a commis le crime, vous devez le condamner. »

 

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Dans la foulée de la condamnation pour meurtre de Robert Latimer, la ministre de la Justice du Canada, Anne McLellan, dit envisager la possibilité d’alléger la peine minimale de 10 ans d’emprisonnement dans le cas de meurtres non prémédités commis dans des circonstances exceptionnelles.

 

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13 novembre 1997 : L’avocat de Robert Latimer, Me Mark Brayfod, plaide que la sentence de prison à vie, avec 10 ans sans possibilité de libération anticipée, est cruelle et inusitée. Dans le but de réduire la sentence, il demande au magistrat une exemption constitutionnelle. Me Brayford souligne qu’il y a consensus sur le fait que la peine ne correspond pas au crime.

 

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Vu le caractère particulier du crime, Me Brayford demande au juge Ted Noble de faire preuve de clémence, d’autant plus que le jury recommande une sentence d’un an de prison.

 

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1er décembre 1997 : Robert Latimer obtient une exemption constitutionnelle du juge Ted Nobel, de la Cour du Banc de la Reine. Le magistrat estime que la peine d’emprisonnement à vie constitue une peine cruelle et inhabituelle, et donc contraire à la constitution. Il condamne Robert Latimer à un an de prison et à une autre année de confinement sur sa ferme.

Mais, lors de l’appel interjeté avec succès par la Couronne à l’automne 1998, on invoque l’argument voulant que les personnes handicapées seront menacées si le jugement est validé. Dans leur décision unanime, les juges de la Cour d’appel de la Saskatchewan qualifient le meurtre commis par Robert Latimer d’« inexcusable » et imposent l’emprisonnement à vie. Robert Latimer porte cette dernière décision en appel devant la Cour suprême. Il accuse la Couronne d’avoir « frauduleusement mal rapporté les faits » au public. À part l’appel de sa peine, Robert Latimer en appelle aussi du jugement qui le reconnaît coupable. La Couronne appuie la demande d’appel en Cour suprême en expliquant qu’elle permettra de tirer au clair les exemptions constitutionnelles dans les cas de peines minimales.

6 mai 1999 : La Cour suprême accepte d’entendre l’appel de Robert Latimer. En attendant les décisions des tribunaux, il est en liberté sous cautionnement.

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18 janvier 2001 : La Cour suprême du Canada rend son verdict : elle confirme la peine de prison à perpétuité de Robert Latimer, sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans. Dans une décision unanime, le plus haut tribunal du pays rejette donc la demande d’exemption constitutionnelle de l’accusé. L’application de cette exemption lui aurait permis de ne purger que deux ans de prison et aurait ouvert la porte à la notion controversée de meurtre par compassion. Selon la Cour, la sentence n’est ni cruelle, ni inusitée, ni disproportionnée pour le crime le plus grave en droit, celui de meurtre.

Le dernier recours de Robert Latimer serait d’obtenir la clémence de la ministre de la Justice, Ann McLellan.

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« Les juges ont pris cette décision parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils font. Ils me disent que je n’ai pas compris ce que j’ai fait. »

 

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Faits marquants du débat sur le suicide assisté et l’euthanasie

 

1990 : Le Dr Jack Kevorkian, 68 ans, du Michigan (États-Unis), appelé « docteur suicide », aide son premier patient à mourir. Depuis, il a pratiqué sa spécialité, qu’il qualifie de « guerre contre la souffrance », sur plus de 130 personnes.

 

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Le Dr Kevorkian est accusé plusieurs fois de meurtre et acquitté. Le 6 mars 1996, la Cour d’appel de Californie statue que la loi de Washington qui interdit le « suicide médicalement assisté » est illégale parce qu’elle viole le 14e amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté individuelle : « Un adulte sain d’esprit a totalement le droit de choisir une mort humaine et digne… »

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Septembre 1998 : Le Dr Jack Kevorkian enregistre sur bande vidéo les dernières minutes de Thomas Youk, 52 ans, qui souffre de la maladie de Lou Gehrig et qu’il aide à mourir. La scène est diffusée à l’émission 60 Minutes du réseau de télévision CBS. En novembre, le médecin est formellement accusé de meurtre prémédité. Le 13 avril, Jack Kevorkian est condamné à la prison. La poursuite propose une peine d’emprisonnement de 10 à 25 ans. C’est la première fois que le Dr Kevorkian est condamné dans une cause de suicide assisté. Il porte sa cause en appel, mais reste incarcéré jusqu’à ce que l’appel soit entendu.

1992 : Sue Rodriguez, une Canadienne de la Colombie-Britannique, atteinte de sclérose latérale amyotrophique (maladie incurable qui attaque le cerveau et la moelle épinière et bloque certaines fonctions comme la marche, la parole, la respiration) demande à ce qu’on autorise quelqu’un à l’aider, légalement, à mourir. La Cour suprême du Canada, par 25 voix contre 4, refuse. Sue Rodriguez est morte en février 1994, avec l’aide d’un médecin anonyme.

1993 : Nancy B., une jeune Québécoise, gagne une dure bataille en Cour supérieure en obtenant le droit d’être débranchée des appareils qui la maintiennent en vie à l’Hôtel-Dieu de Québec. Elle est victime du syndrome de Guillain-Barré et ne peut tolérer l’idée de vivre paralysée et alitée dans un hôpital pendant des années. Elle est débranchée et meurt dans la plus grande discrétion. Le président de l’Association des médecins à l’époque, le Dr Augustin Roy, déclare que « le patient est le seul juge lorsqu’il s’agit de sa vie ».

1993 : Le parlement de La Haye, aux Pays-Bas, décide d’autoriser l’euthanasie dans certaines conditions : le patient doit souffrir de douleurs physiques insupportables, son désir de mort doit être « durable » et sa volonté de mourir exprimée librement. Aucun droit légal à l’euthanasie n’est cependant adopté.

Février 1994 : DeathNet fait son apparition sur le web. Créé par la Right to Die Society of Canada, ce site fournit une vaste documentation sur les aspects juridiques, médicaux et culturels de la mort. Aussitôt, le site se retrouve au centre d’une nouvelle polémique, notamment parce qu’il fait la promotion de Departing Drugs, un livre sur les médicaments et les méthodes permettant l’« auto-délivrance ». « Hautement recommandé pour les personnes atteintes de maladies incurables qui souhaitent contrôler leur fin », souligne DeathNet. Les adversaires du suicide assisté et de l’euthanasie font pression sur les fournisseurs d’accès pour qu’ils empêchent leurs abonnés de se connecter à DeathNet. Le site est toujours accessible.

Août 1994 : En France, Jeanne-Marie Préfaut tue « par amour » (tout comme Robert Latimer) sa fille de 23 ans, Sophie, atteinte d’une forme d’autisme particulièrement aiguë. Le 23 février 1996, elle est condamnée à cinq mois de prison avec sursis. À la lecture de la sentence, le public se lève et salue la décision par un tonnerre d’applaudissements.

20 octobre 1994 : Pour la première fois dans le monde, la télévision néerlandaise montre la mort réelle d’un homme par euthanasie. Cees Van Wendel, atteint de myopathie, reçoit, le jour de ses 62 ans, une injection mortelle d’un médecin.

Décembre 1994 : Publication des résultats d’un sondage Gallup effectué auprès de 1002 Canadiens adultes : 50 % sont d’accord pour mettre fin à la vie d’un enfant s’il souffre d’une maladie incurable, 35 % sont contre et 15 % n’ont pas d’opinion. 76 % sont en faveur du suicide effectué avec l’assistance d’un médecin, 16 % s’y opposent et 8 % n’ont aucune opinion.

Juin 1995 : Un comité spécial du Sénat canadien sur l’euthanasie et l’aide au suicide se prononce sur la question après des mois de débats à la fois philosophiques, médicaux et juridiques. La majorité des membres du comité refuse de décriminaliser l’euthanasie et l’aide au suicide.

22 septembre 1996 : En Australie, le premier patient à avoir recours à la loi sur les droits du malade en phase terminale meurt à son domicile. Cette loi, adoptée par le Parlement du Territoire du Nord en mai 1995, est entrée en vigueur le 1er juillet 1996.

                                                               
                                                                 

Source : http://www.radio-canada.ca/

 

 

 

 

Alors j’ai été taguée

Donc je dois dire 6 choses qui n’ont pas d’importance pour moi

1- Alors, il y a un trou dans mes bas (chaussettes pour les français) mais je les mets quand même!

2-Le ménage de ma chambre n’est pas fait mais je m’en fiche.

3-Je  ne sais absolument plus quoi écrire mais on s’en fou lol

4-Il fait froid dehors mais je suis en dedans alors…

5-Le fait que mon arrière arrière petit voisin a une tuque rouge affreusement laide.

6-Et je me fou de ce que vous pensez lol

Une jolie image

Une jeune maman,

Qui pense à son enfant,

Dans sa boule de cristal,

Revoit ses déboires parentales,

Sa petite fille lui manque,

Et malgré tout ce qu’elle tente,

Elle ne peut la revoir,

Seulement dans son coeur de l’espoir,

Elle essaie de vivre sa vie,

Sans jamais oublié sa petite chérie.

 

poème pour ma princesse

Tel un rayon de soleil, tu es arrivée dans ma vie,
Tu as mis un baume sur mon coeur, tu étais tellement jolie,
Je n’ai pas été la meilleure maman,
Mais sache que je t’aime,
J’étais moi-même bien mal,
J’étais moi-même bien jeune,
Ces six mois ont été les meilleurs et les pires de ma vie.
Au départ je l’admet je ne souhaitais pas avoir d’enfant,
Même durant les premières semaines c’était plus fort que moi,
Ensuite tu as fait ta place dans mon coeur,
Petit à petit j’ai compris mon erreur,
Dans mes bras j’avais un petit être rempli de douceur,
Une petite princesse aux yeux enjoleurs,
Oh toi tu aurais fait battre des coeurs,
Je t’aurais tout donné,
Mais moi-même je ne pouvais pas prendre soin de ma santé,
J’ai essayé de te donner le nécessaire,
Mais ce n’était pas l’enfer,
Est-ce à cause de moi que tout petit coeur fut malade,
Je ne le saurais jamais, mais ça me rend malade,
Je me souviens la nuit quand nous étions seules,
Je te mettais contre mon ventre,
Ta tête contre ma poitrine,
Ma main contre ta joue,
Nous étions apaisés,
Nous étions seules au monde,
Après quelques temps tu as un peu changé,
Tu pleurais sans que je ne sache pourquoi,
L’incompétence, la peur et l’anxiété ont montés en moi,
C’était le début de la fin…

La croisée des chemins

Ce soir, je me sens à la croisée des chemins. Rendu au point de non retour.  Une fatigue accumulée se pose sur mes épaules déja courbées par les épaules du passée. Je me sens comme si je devais prendre une décision primordiale pour le restant de ma vie. 

 Pourtant, il n’y a rien de particulier aujourd’hui. Les temps sont durs, oui, mais rien de particulier.

Que de remise en question.

Poème

Ne pas savoir ou aller,
Ne pas savoir vers qu’elle avenue de diriger.

Être dans le monde des  »grands »
Mais vouloir retourner dans celui des enfants,

Vouloir faire tout ce qu’on veut,
Sans penser aux conséquences qui auront lieux.

Vouloir travailler et étudier,
Mais ne pas avoir les moyens de payer.

Avoir des gens pour nous épauler dans nos soucis financiers,
Mais ne pas vouloir être endetté.

Penser au futur, penser à l’avenir,
Et se dire que ça pourrait être pire.

Mais ne pas voir le bout,
Ne pas savoir si on à le gôut.

Aller à droite, aller à gauche,
En se demandant lesqu’elles des deux côtés sera le plus rose.

Tout en sachant,
Que ni l’un ni l’autre ne sera guère brillant.

Traîner derrière soi un passé,
Bien trop lourd à porter.

Avoir un boulet enchaîné,
A une cheville déja tuméfié.

Essayer de le désenchaîné,
Mais ne pas trouver la bonne clé.

L’avenir me fait peur,
L’avenir est-ce syninyme de noirceur?

Je veux voir la vie positivement,
Mais parfois je me demande comment.
Les fantômes du passé reviennent me hanté,
Même dans mes rêves quand je suis dans les bras de Morphée.

Alors comment les oublier,
Et me dire que c’est du passé.

Quand je sais fort bien qu’il y a une forte possibilité,
Qu’ils reviennent pour m’achever.

Article choc!

Je vous met en contexte, il s’agit d’un article qui parle d’un jeune homme qui a subit bien des horreurs. Je veux des réactions, des opinions, des commentaires!

 

LE LIVRE FILS DE BOURREAU

Les confidences d’un enfant martyr

10-02-2008 | 17h33

Dernière modification : 17h34

Article choc! dans fait choc! pointillier

L’histoire est horrible. En fait, pire encore, il n’y a pas de mots pour décrire ce que Paul Gagnon, celui que les médias ont baptisé le bourreau de Beaumont, a fait subir à ses enfants pendant des années. Patrick Gosselin, son fils aîné maintenant âgé de 26 ans, raconte son enfer dans un livre, Fils de bourreau, qui paraît ce lundi.

Des paragraphes, comme celui qui suit, les pages du livre en sont pleines. Paul Gagnon vient de constater que son jeune fils a uriné au lit : « Enragé, il me soulève du lit par les organes génitaux. Les coups pleuvent. Je sors de ma chambre à reculons et je me trouve dos à la laveuse et à la sécheuse qui se trouvent dans le corridor. Je tombe à genoux, puis assis et couché. Il continue de me frapper en criant : « Hostie de pisseux! Crisse de chien! Tu vas voir; je vais te dompter! » Il baisse son pantalon et se met à uriner sur moi. Il vise soigneusement chaque partie de mon corps. L’urine me coule sur le visage et mes cheveux en sont imbibés. »

À la suite de cette raclée, Patrick pouvait se faire battre trois ou quatre fois par jour. Son père lui fait faire le piquet toute la journée et le prive de nourriture. Les jours suivants il est forcé de se rendre à l’école sans avoir pu se laver : « Mon supplice durera jusqu’au jeudi, jour où mon père daignera enfin me donner des caleçons propres. »

Un enfer de douze ans

De sa naissance jusqu’à l’âge de douze ans, Patrick se fera battre à coup de manche à balai, de barre de fer, de marteau, de coups de pied et de coups de poing. Il se fera ébouillanter, il se fera menacer de mort, il se fera offrir de choisir entre une hache ou un sac de plastique comme outil qui servira à son exécution. Il se fera mettre des excréments au visage.

Le bambin sera privé de nourriture. Il sera forcé d’en voler dans les magasins pour satisfaire les besoins de son bourreau. Il devra se tourner vers la cuvette de la salle de bain pour étancher se soif et manger du dentifrice pour combler le vide de son estomac. Il devra se cacher pour manger et voler dans les boîtes à lunch de ses camarades de classe. Il se fera lacérer une jambe avec un couteau. Et il deviendra l’esclave de son père qui le force à exécuter les tâches ménagères. La famille déménage constamment. Il tentera de se suicider. C’est inimaginable.

Sa mère, avant de l’abandonner, n’est jamais intervenue pour faire cesser ce calvaire. Et la nouvelle conjointe de son père fermera aussi les yeux pendant des années. Malgré des signalements à répétition, 14 en tout, la DPJ n’interviendra pas. Le jeune frère de Patrick, Luc, connaîtra une vie semblable.

Le passage suivant est particulièrement évocateur. Patrick explique que son film préféré c’était Aurore, l’enfant martyre : « Un soir, ce film passe à la télé et je l’ai regardé avec mon père. Je devais avoir huit ou neuf ans. En voyant les supplices que la mère d’Aurore lui inflige, je comprenais que la façon dont mon père me traitait était normale. À part quelques petites différences, la vie d’Aurore est pratiquement identique à la mienne. Au lieu de me coller les mains sur le rond de poêle, c’est sur les éléments du calorifère que Paul plaçait les miennes. Aussi, Aurore était torturée en cachette du père, alors que ma mère et Carole voyaient tout. Finalement, Aurore meurt de ses blessures. Moi, je suis encore vivant. »

Ado et adulte

À l’âge de douze ans, le jeune garçon se fait arracher des griffes de son bourreau. Le médecin qui va l’examiner dira qu’il n’a jamais vu un enfant dans un tel état. Physiquement, son développement est celui d’un enfant de 9 ans. Les constats du médecin sur son frère seront des mêmes eaux. On le place en centre d’accueil avec des jeunes très violents. Son frère sera, lui, dirigé vers une vraie famille d’accueil. Patrick est révolté et connaîtra la salle d’isolement.

Paul Gagnon sera finalement arrêté par la Sûreté du Québec le 17 février 1995 à la suite du témoignage incriminant du jeune frère contre son père. Patrick va finalement corroborer. Jamais il n’avait osé dire ce qui se passait vraiment de peur des représailles. Le bourreau de Beaumont fera finalement face à près d’une centaine d’accusations et en janvier 1997 il sera condamné à 22 ans de pénitencier.

L’un des enseignants de Patrick, Louis, finira par l’accueillir chez lui où difficilement il va tenter de s’habituer à mener une vie normale. À 19 ans, il doit quitter à regret ce foyer nourricier de l’Île d’Orléans. Sa vie de jeune adulte sera aussi un enfer. Il va voler, il va connaître la prison, il deviendra complètement accro de drogues fortes et de l’alcool. Il aura des problèmes avec les femmes et sa mère se suicidera alors qu’elle est âgée de 41 ans. C’est infernal. Patrick va aussi réussir à flamber en quelques mois l’argent qu’il a reçu de la DPJ à titre de dédommagement. Une somme dans les six chiffres.

Nouvelle vie

Patrick a été interviewé dans le film Les voleurs d’enfants (octobre 2005) de l’animateur Paul Arcan et de la productrice Denise Robert. Depuis, cette dernière l’a prise sous son aile et le jeune homme travaille maintenant sur les plateaux de tournage. Il est devenu le père d’Ismaël en mars 2007 : « On dit qu’un enfant abusé devient un père agresseur. Moi, aujourd’hui, je fais mentir cet adage. Je change l’ordre des choses. Malgré toute l’horreur que j’ai vécue, je réussis jour après jour à m’en sortir. Mes moments de bonheur sont de plus en plus fréquents et intenses. Si moi, je réussis à être heureux, alors tout le monde peut y arriver », écrit-il en guise de conclusion.

Le bourreau de Beaumont est admissible à une libération conditionnelle depuis décembre 2002. Patrick a peur : « On m’avisera de la date et je pourrai aller contester sa libération. Je veux qu’il reste en prison le plus longtemps possible parce que j’ai peur. J’ai beau être plus grand et plus fort que lui, j’ai quand même peur. »

 

Poème

Je voudrais tellement oublier,
pourtant tout ne fait que remonter
je n’arrive pas à controler,
rien, même mes pensées.

Tout ça je l’ai vécu,
maintes fois je l’ai revu,
maintenant je ne supporte plus,
même dans le miroir, ma vue.

Tous ces souvenirs,
toutes ces idées,
je suis en plein délires,
mais ou vont-elles m’amener.

J’ai mal,
j’ai peur,
je me sens comme un animal,
oui, c’est l’horreur.

Mon coeur fait mal,
mon corps me dégoute,
j’ai envie de rendre les armes,
plus envie de continuer coute que coute.

Ma tête vibre,
aux sons des horreurs,
qui sont toutes libres,
dans mon petit coeur.

Comment faire!

Comment faire pour continuer,

Je suis si bouleversée,

Je voudrais mettre ma vie en pause,

Mais je ne peux pas alors je la met en prose.

 

Une enfance disparue,

À cause de gens qui n’ont pas su,

Contrôler leur désir,

Moi j’aurai préféré mourir.

 

Jouer à la corde à sauter,

Faire de la bicyclette ou colorer,

Toutes ces choses je les ai oublié,

Ah mais non je n’ai joué.

Je me sentais emprisonné,

Autant dans mon coeur tuméfié,

Que dans mon corps qui me donnait la nausée.

Je n’arrivais pas à parler,

Un jour arriverais-je à tout raconter,

Ce qui chaque jour revient me hanter.

J’ai mal dedans,

J’ai mal dehors,

J’ai mal c’est effrayant,

Mais c’était mon sort.

 

Pour toi

 

 

Je n’ai pas su te protéger,

je n’ai pas su t’aimer,

comme tu l’aurais mérité,

je n’ai pas su te bercer,

je n’ai pas su te câliner,

 

 

est ce qu’un jour tu pourras me pardonner,

toutes les journées,

où tes petits orteils étaient frigorifiées,

où ton petit nez était gelé,

et toi la seule chose que tu demandais c’était à mangé.

 

 

Je n’ai pas su être une mère,

je n’ai jamais pu faire l’affaire,

j’aurais tout fait pour te plaire,

au lieu de ça je t’ai fait subir un calvaire.

 

 

Je n’ai pas su te réchauffer,

je n’ai pas su te donner,

les beaux jouets que tu aurais mérité,

au lieu de cela, de mes conneries tu as écopé.

Je n’ai pas su te donner,

mon amour si bien caché,

je n’ai pas su décadenassé,

mon coeur si bien vérrouillé.

 

 

Je n’ai pas été à la hauteur,

je n’ai pu vaincre mes peurs,

je n’ai jamais vu ton petit coeur,

qui battait à 100 à l’heure.

Incapable je te le dis,

coupable je le suis,

mais je t’aime je te le dis,

et je sais que de là-haut tu me souris.

 

 

D’ici, je t’imagine là-haut,

j’espère que tout est beau,

au moins là-bas tu es au chaud,

peut-être même sais-tu dire quelques mots.

 

 

Je suis sûre que tu es jolie

ma petite princesse pour toi je ferais des folies,

malheureusement il est trop tard,

et oui comme d’habitude je réagi trop tard.

 

 

Si seulement j’avais su,

ces paroles hantent mes nuits, mes jours, 100 fois je les aies relu,

mais aurais-je été à la hauteur,

aurais-je vraiment su t’amener à un docteur ?

 

 

Je suis une égoïste,

je pense à moi c’est pire que tout ce qui existe,

je te sens encore dans mon ventre,

comme j’aimerais te voir mon ange.

 

 

Je n’ai pas su te protéger,

je n’ai pas su te délivrer,

de tes malaises qui te faisait pleurer,

mais sache ma puce que

je t’aimais, je t’aime et je t’aimerais

 

 

Une mère à sa fille…

 

 

 

 



Les larmes d’une sirène

Les larmes d’une sirène

Pour toi là haut

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Le chant des sirènes

Comme si c’était le dernier

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